SERGE TISSERON : "ADAPTONS L’ENSEIGNEMENT À LA CURIOSITÉ DES ÉLÈVES"

Meurthe-et-Moselle
© A. MARCHI - Est Républicain

Serge Tisseron est psychiatre, membre de l’Académie des Technologies, docteur en psychologie habilité à diriger des recherches en sciences humaines cliniques, chercheur associé à l’Université Paris VII Denis-Diderot. Auteur d’une quarantaine d’ouvrages personnels, ses livres sont traduits dans douze langues. Il a reçu en 2013 à Washington un Award du Family Online Safety Institute (FOSI) pour ses travaux sur les jeunes et les écrans. Découvrez son interview.

 

  • Les parents sont inquiets du temps passé par leurs enfants devant les écrans. Partagez-vous cette inquiétude ?

Oui, mais je suis plus inquiet encore du fait que ce temps est passé à des activités inutiles, et parfois très répétitives. Pour moi, le temps passé sur les écrans n’est que le versant quantitatif d’un problème qui a aussi un volet qualitatif. Bien sûr, pour l’enfant petit, le temps passé constitue le problème majeur. C’est pourquoi j’ai lancé en 2006 le slogan « pas de télé avant 3 ans », et que je n’ai jamais changé d’avis depuis. Les écrans empêchent les jeunes enfants de développer des compétences qui nécessitent d’exercer tous leurs sens et d’interagir dans une relation vivante avec un autre humain. Bien entendu, il est possible d’utiliser une tablette avec un jeune enfant, mais cela doit être limité à des périodes courtes, toujours en usage accompagné, et à condition de ne pas y passer plus de temps qu’à jouer à des jeux traditionnels. Avant trois ans, seule la relation importe et l’outil numérique n’est qu’un prétexte, exactement comme un ballon. Mais plus les enfants grandissent et plus le problème devient celui des contenus qu’ils utilisent, et du peu d’accompagnement qu’ils reçoivent dans leurs explorations. Beaucoup d’ados, et d’adultes, n’utilisent pas seulement trop leurs outils numériques. Ils les utilisent d’abord mal, en passant beaucoup trop de temps à grignoter des programmes qui ne sont conçus que pour capturer leur attention. Des programmes qui sont pour leur cerveau l’équivalent de ce que sont pour leur palais les barres chocolatés et les sodas « trop gras, trop salés, trop sucrés » dénoncés par l’Institut pour l’Education à la Santé (INPES). Je veux dire des programmes trop colorés, trop rapides et trop excitants.

A partir de huit ans, il existe pourtant des logiciels de création formidables, dont certains en téléchargement gratuit sur Internet. Mais qui les connaît ? Ceux dont tout le monde entend parler sont évidemment les produits payants qui bénéficient de publicité, même s’ils ne sont que des attrape-nigauds. C’est pourquoi toute éducation aux usages des outils numérique doit se consacrer pour moitié à encourager la réduction des temps d’écrans, et pour moitié à informer sur les bons usages possibles. C’est ce que la campagne des balises 3/6/9/12 formule comme « apprendre à se servir des écrans pour apprendre à s’en passer ». Le problème n’est pas en effet de savoir si les enfants ont besoin d’autres choses que des écrans. La réponse est évidemment oui, et c’est d’autant plus vrai qu’ils sont plus jeunes. Il est de savoir si nous voulons nous donner les moyens pour que nos enfants, demain, sachent éviter leurs dangers et les utiliser à bon escient. C’est pourquoi l’un des rôles de l’école est de proposer cette éducation aux outils numériques dès le CM1. C’est ce qu’a voulu faire « La Main à la pâte » en proposant un livret éducatif aux enseignants d’élémentaire en 2013 (Le cerveau, les écrans et l’enfant, éditions Le Pommier).

 

  • Vous travaillez depuis de longues années sur ces questions : pourquoi avoir choisi de vous y intéresser ?

J’ai grandi en partageant mon temps entre la télévision et la lecture de bande dessinée. Qu’est-ce qui m’a permis d’échapper à l’emprise de l’une et de l’autre ? C’est lorsque j’ai développé le désir de dessiner à mon tour les images des bandes dessinées que je lisais. Depuis que je parle des écrans, c’est-à-dire depuis mon premier livre publié en 1996 sur ce sujet (qui s’appelait « y a-t-il un pilote dans l’image » et comportait l’image d’un poste de télévision sur la couverture), je suis guidé par l’idée que toute image n’a qu’un seul pilote, celui qui la regarde, et qui la comprend. Si les images sont au cœur de notre vie sociale, ce n’est pas parce qu’elles seraient des objets « d’addiction », c’est parce qu’elles sont au cœur de notre vie psychique. Il faut que nous devenions le producteur de nos propres images matérielles si nous voulons continuer à être les producteurs de nos propres images psychiques. En effet, si nous ne créons pas nous-même nos propres images, nos représentations intérieures seront totalement formatées par l’environnement médiatique, notre imagination stérilisée et notre liberté intérieure amoindrie. C’est ce qui doit inspirer toutes les campagnes en faveur d’une réduction des écrans chez les enfants. Il faut leur proposer des alternatives, et pas seulement le sport et les jeux de société, mais aussi le dessin, la pratique des collages à la manière des surréalistes, puis la photographie, en pratique solitaire ou de groupe, et les logiciels de création numérique. L’enfant comprend d’abord les images en fabricant les siennes, avant de les comprendre en en parlant. Et puis, parallèlement, il faut évidemment développer l’éducation aux médias, pour que les enfants connaissent les modèles économiques des entreprises qui font Internet, les pièges qu’elles tendent, comment protéger ses données personnelles, etc. Ce n’est pas parce qu’on utilise moins les médias qu’on les utilise mieux, et qu’on courre moins le risque de se laisser manipuler par ce qu’on y trouve.

 

  • Avez-vous des conseils à donner aux parents pour accompagner leurs enfants à bien utiliser les supports numériques ?

Bien sûr. Le premier est de s’intéresser à ce que font leurs enfants. Leur poser des questions sur les jeux vidéo auquel ils jouent, les séries télé ou les YouTubeurs qu’ils regardent. Entre quatre et neuf ans, l’enfant est tellement heureux de parler de ce qu’il a vu qu’il ne se fait pas prier pour le faire. Mais si les parents prennent l’habitude de ne jamais questionner leur enfant, celui-ci prend rapidement le partie de se taire. C’est évidemment dommage pour la communication familiale, mais aussi pour le développement de l’enfant. Car s’il ne peut pas parler de ce qu’il voit et qui lui fait plaisir, il ne parlera pas non plus des images choquantes et possiblement pathogènes qu’il peut croiser. En plus, parler avec nos enfants des images qu’ils voient ne nous permet pas seulement de mieux les connaître et de garder un contact avec eux. Cela nous permet aussi de mieux connaître leur culture, qui est aussi la nôtre car nous baignons tous dans le même monde d’images.

 

  • On a tendance à globaliser en parlant « des écrans ». Mais chaque outil a-t-il le même impact sur l’enfant ? Quelles sont les différences pour un enfant entre un smartphone, une tablette, l’écran d’un ordinateur ?

On distingue traditionnellement deux types d’écrans : les écrans non interactifs comme la télévision, mais aussi les DVD ou les séries télé regardées sur un ordinateur ; et les écrans interactifs qui sont notamment ceux des jeux vidéo. Mais il est tout aussi important d’établir une distinction entre les écrans non connectés, par exemple lorsque l’on joue à un jeu vidéo seul en se mesurant à la machine, et les écrans connectés qui permettent d’interagir avec d’autres usagers. C’est pourquoi la première question à poser à un enfant que l’on voit sur son Smartphone, sa tablette ou son ordinateur, est de savoir s’il est connecté ou non connecté. Et la seconde question à lui poser consiste à lui demander s’il est connecté avec des personnes qu’il connaît ou avec des inconnus. La situation de l’enfant qui joue seul est la plus préoccupante car il est très probablement seul aussi dans la cour de récréation. Faire le choix de jouer avec des inconnus mérite également d’être questionné. En revanche, il n’y a guère de raison de s’inquiéter de celui qui joue le week-end avec des camarades de classe qu’il retrouve la semaine. Celui-là fait alterner les rencontres dans le réel et les rencontres à travers le numérique d’une façon totalement adaptée à ces nouveaux outils.

 

  • Les adultes aussi utilisent de plus en plus des écrans. Les conseils pour les enfants s’appliquent-ils à eux ?

Bien sûr. La meilleure éducation aux bonnes pratiques d’écrans commence en famille, et elle se fait par l’exemple. Cela implique notamment que chacun dépose son téléphone mobile sur un espace réservé au moment de passer à table, et que ceux qui cèdent à la tentation de répondre à un appel pendant ce temps partagé ont un gage ou une amende, quel que soit leur âge et leur place dans la famille. Cela veut dire aussi, par exemple, que tous posent de même leur téléphone mobile le soir sur un espace réservé à partir d’une certaine heure, par exemple 22 heures. C’est le seul moyen d’éviter qu’un adolescent ne s’endorme avec son téléphone sous l’oreiller. On sait que c’est une pratique très malsaine et très répandue ! S’il proteste en disant que chez ses camarades, les choses se passent différemment, les parents peuvent toujours lui répondre qu’il est libre de demander à être adopté par les parents de ses camarades, mais que tant qu’il est dans la famille où il se trouve, il doit en respecter les règles. N’oublions pas que la famille est le premier groupe dont l’humanité se soit pourvue et que c’est donc le premier groupe ou se mettent en place les bases d’une reconnaissance et d’une acceptation des droits et des devoirs de chacun.

 

  • Selon vous, ces nouveaux moyens de communication sont-ils une menace sur nos comportements, sociaux notamment ?

Beaucoup de gens le craignent. Mais une récente enquête de Médiamétrie (Media in life) apporte un éclairage complètement différent sur cette question. Elle concerne ceux qu’on appelle les « Millenials ». Ils sont nés en plein essor de l’ère numérique, ils sont âgés de 13 à 34 ans, et ils représentent près d’un tiers de la population de 13 ans et plus. Cette génération est « accroc » à son téléphone mobile, adepte et sur-consommatrice de loisirs numériques comme par exemple les jeux vidéo ou la musique sur les supports digitaux. Mais loin de l’image de jeunes solitaires derrière leurs écrans que l’on se fait parfois d’eux, les Millenials sont particulièrement actifs et passent plus de temps hors de leur domicile que l’ensemble des 13 ans et plus, et ils pratiquent plus que la moyenne, des loisirs comme les visites de musées ou d’expositions et les pratiques sportives. De plus, près de la moitié des Millenials s’intéressent à la lecture, une activité qu’on aurait pu penser loin de leur quotidien. Donc, pas d’inquiétude ! Statistiquement, les technologies numériques ne désocialisent pas, mais elles conduisent leurs utilisateurs à se socialiser différemment.

 

  • Qu’est-ce qui vous a le plus surpris dans ce que vous avez étudié sur la question ?

C’est de voir à quel point les parents peuvent dramatiser à l’excès les enjeux des outils numériques à l’adolescence, et sous-estimer gravement les dangers que ces mêmes outils font courir aux jeunes enfants. Depuis 1996 jusque vers 2015, je n’étais pratiquement sollicité qu’autour de des pratiques numériques des adolescents, d’abord celle des jeux vidéo, puis celle des réseaux sociaux. Et ce que je disais sur les dangers des écrans pour les jeunes enfants avait de la peine à passer. Heureusement, aujourd’hui, une prise de conscience est en train de se faire, au moins dans les couches moyennes de la société. Le problème est que la plupart des parents qui laissent leur très jeune enfant devant un écran ne le font pas parce qu’ils pensent que cela est bon pour lui. Ils le font parce que cet écran allumé leur tient d’abord compagnie à eux-mêmes et leur permet de ne pas penser aux problèmes qui les préoccupent. Trop de gens sont aujourd’hui dans une situation de précarité matérielle et/ou affective qu’ils essaient d’oublier avec les écrans. Et les conséquences désastreuses pour les jeunes enfants qui sont prêts d’eux, ne sont hélas qu’un dommage collatéral de leur propre désir de s’abrutir d’écran pour oublier leurs difficultés quotidiennes. C’est pourquoi la solution à ce problème relève du soutien social bien autant, si ce n’est plus, que de la dénonciation des dangers des écrans.

 

  • Vous mettez en place des actions de formation : c’est parce qu’il n’existait rien de structuré ?

Lorsque j’ai commencé à parler des dangers des écrans, au début des années 1990, il existait déjà des actions de formation, mais elles étaient centrées sur les enseignants. Je pense notamment au CLEMI qui a fait un travail formidable. L’originalité de mon travail a été de vouloir responsabiliser les parents comme éducateurs privilégiés de leurs enfants en faisant valoir trois principes qui ont abouti en 2008 à la création des balises « 3-6-9-12 ».

Le premier de ces principes est l’accompagnement. Choisir avec l’enfant des programmes de qualité, les regarder parfois avec lui, et surtout l’inviter à parler de ce qu’il a vu et fait avec les écrans, et cela à tout âge.

Le second principe que j’ai mis en avant est l’alternance. D’abord, bien sûr, l’alternance entre les activités avec écrans et les activités sans écran. Mais il faut être en mesure de proposer autre chose que les écrans à l’enfant lorsqu’on les lui interdit. Et ce n’est pas seulement un problème familial, c’est un problème social et politique. Il n’y a à l’évidence pas suffisamment d’activités encadrées et créatives capables de mobiliser les formidables potentialités des enfants à tout âge. Et les rares activités qui existent sont en général payantes. C’est pourquoi je suis toujours parti en guerre contre ceux qui voient dans l’injonction à limiter les écrans la solution à tous les problèmes qu’ils engendrent. Il ne suffit pas de dénoncer les méfaits des écrans en criant très fort. Il faut proposer aux enfants que nous voulons détourner des écrans des espaces de construction de leur estime d’eux-mêmes aussi efficaces, et donc aussi attrayants. Mais l’alternance concerne aussi le fait de s’intéresser à diverses formes d’écrans : il existe de nombreuses formes de jeux vidéo, qui font appel à des compétences différentes, et aussi plusieurs youtubeurs, qui développent des formes d’humour différentes. Les parents doivent veiller à ce que l’enfant ne s’enferme pas trop vite dans un seul type d’écran, parce qu’il serait le premier qu’il aurait découvert, ou le seul auquel ses camarades s’intéressent.

Enfin, le troisième principe que j’ai mis en avant concerne l’apprentissage de l’auto-régulation. L’enfant ne l’apprend pas seul, il faut l’y aider en lui fixant un cadre. Dans le domaine alimentaire, cet apprentissage se fait en fixant des horaires pour les repas et en servant à chacun une portion de nourriture dans un assiette, plus ou moins importante selon l’âge. Il faut que cela soit pareil pour les écrans : on s’efforce de ne pas les consommer à tout moment, et on se fixe des tranches horaires où le faire. Cela concerne autant les adultes que les enfants. Mais pour ceux-ci, ce sont les adultes qui fixent ce cadre, en décrétant par exemple que la télé, c’est de 17H à 17H45. Si l’enfant la réclame avant, on lui rappelle l’horaire, comme pour le repas familial, et on lui demande d’attendre jusque-là. Et le nombre de portions de nourriture, différent selon les âges, a aussi un équivalent en « diététique des écrans ». C’est la durée. Si on décrète qu’une portion d’écran dure par exemple 20 minutes, on peut expliquer à un jeune enfant qu’il a droit à une portion, mais que son frère ou sa sœur plus âgé a droit à deux.

Limiter les temps d’écran n’a aucun effet éducatif si on n’intègre pas ces trois principes, l’accompagnement, l’alternance et l’apprentissage de l’autorégulation.

 

  • Quels sont selon vous les enjeux que le numérique doit inviter à relever ?

Il y en a trois. Le premier défi à relever concerne le fait que le numérique bouleverse tous les domaines, à commencer par la construction de l’identité, les attentes vis à vis d’autrui, le rapport à l’espace, au temps, et bien entendu aux images. Ces bouleversements contribuent à créer une nouvelle culture que les enfants adoptent très tôt et que les parents et les éducateurs doivent assimiler s’ils veulent rencontrer leurs préoccupations, en sachant parfois partir d’elles pour amener les élèves aux savoirs académiques.

Le second défi est de reconnaitre que notre système éducatif a été conçu avec l’ambition d’apprendre aux enfants des connaissances utilisables toute leur vie en privilégiant l’intelligence hypothético-déductive sur toutes les autres. Or, aujourd’hui, nous savons que l’apprentissage se fera tout au long de la vie et qu’il met en œuvre l’ensemble de l’humain : son corps, ses sens, huit formes différentes d’intelligences, et que les apprentissages sont indissociables des émotions et de la socialisation. Le numérique met à notre disposition de quoi nous former toute notre vie.

Enfin, dans 20 ans, entre 20% et 50% des métiers d’aujourd’hui auront disparus. L’enseignement doit inviter les élèves à imaginer leur métier de demain et développer les qualités qui leur seront nécessaires quoi qu’ils fassent : être autonome, être créatif, et savoir coopérer en se montrant capable de critiques constructives. Tout cela nécessite évidemment bienveillance et empathie de la part des parents et enseignants car les émotions jouent un rôle majeur dans les apprentissages. Et la création de plateformes collaboratives utilisables à tout âge sur lesquelles trouver des accompagnants.

 

  • Quels sont selon vous les trois dangers à éviter ?

Le premier serait de trop attendre du numérique, notamment pour redresser les erreurs de notre système scolaire. Le numérique est un outil, pas une baguette magique. Bien utilisé, il permet d’intégrer des enfants handicapés dans le circuit normal, de remotiver certains élèves, d’effectuer des retours d’expériences qui confortent la motivation initiale, et de favoriser l’auto évaluation. C’est beaucoup, mais ce n’est pas tout. Explorons tout ce que la technologie peut apporter, mais n’attendons pas d’elle plus que ce qu’elle peut donner.

Le second danger serait de partir du numérique pour faire évoluer l’éducation et l’enseignement. L’essentiel est d’adapter les deux à ce que nous savons des enfants. Ils sont des explorateurs, et nous le restons tous ! L’autonomie, la curiosité et l’adaptabilité doivent guider tous les projets. Par exemple en pratiquant à tout âge la classe inversée, le travail collaboratif, le tutorat bienveillant, les débats et les controverses. Cela ne nécessite pas d’introduire des outils numériques, d’autant plus que si le numérique peut apporter beaucoup, on s’y perd facilement si on n’a pas développé des qualités traditionnelles associées à la culture du livre comme la compétence narrative et la capacité d’autorégulation.

Le troisième danger serait de vouloir utiliser le numérique pour mettre encore plus de distance dans les liens d’apprentissage. Le problème est que beaucoup d’enseignants craignent, en travaillant autrement, de perdre le contrôle sur leurs élèves et de susciter la suspicion de leurs collègues. Ils peuvent être tentés d’interposer le numérique entre leurs élèves et eux. Et c’est vrai à tout âge. C’est pourquoi il est essentiel de former des encadrants qui proposent et guident, mais n’imposent pas, et qui libèrent les possibilités d’initiative à tous les niveaux. Et cela nécessite à la fois d’encourager le tutorat de proximité, mais aussi la création d’espaces numériques pour favoriser le travail collaboratif et l’approfondissement des questionnements partagés.

Site internet : www.sergetisseron.com