Grand Couronné

Pour résumer, les troupes françaises en Lorraine chargées de couvrir les frontières sont la Ière Armée commandée par le général Dubail au sud-est de Nancy et la IIe Armée couvrant cette ville devant la frontière de 1871. 

Général de Curières de Castelnau

Cette armée est commandée par le général de Curières de Castelnau, qui commanda aux début du siècle le 37e RI à Nancy. Ce régiment était stationné à la caserne Landremont, rue du Sergent Blandan, actuelle caserne Verneau.  

Le général de Castelnau a, dès mars 1913, lors d’un conseil de guerre à l’Élysée, alerté les autorités politiques -Raymond Poincaré alors président de la République et Aristide Briand, président du conseil- ainsi que les militaires, de la grave situation dans laquelle se trouvait l’armée : 

  • fusil Lebel déjà dépassé par le Mauser allemand,
  • manque d’artillerie lourde,
  • attente d’uniformes de guerre pour remplacer une tenue trop voyante.
  • Il souligne, déjà, les coupes sombres faites dans le budget par les différentes commissions du parlement. 

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Pistolet Mauser 96
Crédit photo : Centre Image Lorraine www.imagesde1418.eu

Le titre de Chef d’État-major général lui a échappé sur la pression de la gauche républicaine et anticléricale, car il est marquis et catholique pratiquant. Combes le traite alors de « capucin botté ». C’est le même Combes qui dira pendant la guerre : « encore heureux que l’on a Castelnau !»  

Les armées de Lorraine sont destinées à l’offensive qui reprendra à l’ennemi l’Alsace et la Moselle. Les ténors militaires, dont Foch, professeur à l’Ecole de Guerre, sont pour l’offensive à tout prix.
Le général de Castelnau connaît parfaitement le futur champ de bataille sur lequel il doit attaquer les allemands, il a manœuvré avec le 37e RI sur les terrains entre Nancy et Seille et sait parfaitement que la partie ne sera pas facile. En effet, au nord-est, la région des étangs et les hauteurs dominant la Seille, sont un piège dans lequel les allemands attendent l’assaut français pour mieux le briser. Il a donc suggéré d’attendre l’assaut allemand en se fortifiant sur les hauteurs du Grand-Couronné, qui de Ste Geneviève, au sud-est de Pont-à-Mousson, à Amance, puis à la crête de Pulnoy, au Rembétant, dominant Dombasle, se termine par les hauteurs de Deuxville et du Léomont en avant de Lunéville. 
Des travaux ont été commencés dès 1913, mais ils traînent en longueur, le soldat français n’étant pas, comme l’allemand, prêt à s’enterrer pour combattre. Le général de Castelnau se déplacera souvent sur le terrain pour activer les choses. 

Bloqué dans la région des étangs les 15e et 16e CA étaient violemment accrochés dans la région de Dieuze et des étangs dans la journée du 19 août. Le général décida donc d’annuler l’assaut prévu le 20 sur Morhange par le 20e CA, pour pouvoir épauler les 15e et 16e CA. De plus, les reconnaissances aériennes lui amenaient des renseignements inquiétant sur les mouvements de troupes en face de la IIe Armée. Là aussi le général de Castelnau fut un précurseur et retira d’ailleurs au commandant de ses CA, l’escadrille qui était affecté à chacun, car il ne voulaient pas les utiliser, ils n’y croyaient pas. 
Dans ces régions boisées, la cavalerie aurait été d’un grand secours, l’avion ne pouvant tout voir. Mais une partie de la cavalerie avait été retiré à la IIe Armée. Quand on lui rendit, c’était pour « poursuivre l’ennemi » ; malheureusement, à ce moment là, c était l’ennemi qui nous poursuivait ! 

Les choses avaient en effet très mal tournées. Désobéissant aux ordres reçus de son chef, le commandant du 20e CA maintient l’attaque du 20 sur Morhange et, ce matin là, la 39 Di de Toul partant à l’assaut prend de plein fouet la contre attaque de la VI Armee bavaroise du Kronprinz Rupprecht de Bavière. Le 20e CA décroche sous l’assaut et entraîne dans son repli toute la IIe Armée. 
Le chef du 20e CA coupable de cette terrible désobéissance n’est autre que Foch, qui fera d’ailleurs disparaître des livres de marche du 20eCA et de la IIe Armée tous les éléments pouvant l’accuser. 

Le général de Castelnau va parvenir à organiser au mieux le repli sur les positions du Grand-Couronné où il avait envisagé depuis longtemps d’attendre l’ennemi. On ne peut donc pas parler du « désastre de Morhange » en accusant le général qui limita au mieux les dégâts causés par son subordonné. 

Après la guerre, alors que Foch avait déjà reçu son bâton de Maréchal de France, on voulut donner ce même bâton à Castelnau. Foch obtint que son ancien chef ne le reçoive pas en disant « on ne donne pas le bâton de Maréchal au vaincu de Morhange !» Qui était le vaincu de Morhange sinon Foch. 
Dans les troupes que couvrirent le repli de la IIe Armée, se trouvaient les chasseurs du 4e BCP stationnés à St Nicolas-du-Port, telle était l’orthographe de l’époque, et parmi eux le sous-lieutenant Xavier de Castelnau, tout juste sorti de St Cyr, qui sera tué. Il est le premier des trois fils du général morts au Champ d’Honneur. 

Gerbéviller, la martyr

Le chef de la IIe Armée va replier ses troupes vers la Trouée de Charmes, objectif sud de la tenaille du fameux plan « Schlieffen ». Il veut bloquer l’ennemi devant les ponts de Bayon et Charmes, car si la Moselle est passée par les allemands, la route de Paris par le sud est ouverte à travers la plaine. 
Dans la journée du 23 août, sur un ordre du chef de la 2e armée, le 2e Bataillon de Chasseurs à pied à reçu mission : « de couvrir la droite de la 2e Armée et de reconnaître les forces ennemies qui débouchent derrière nos arrière-gardes ». Une section (60 hommes) du bataillon sous les ordres du sous-lieutenant Gamelin se porte à Haudonville, et une autre sous le commandement de l'adjudant Chèvre à Gerbéviller. Le 2e B.C.P est rattachée au 2e Corps de cavalerie, 2 divisions, chargés de couvrir le repli.. Connaissant parfaitement la région de Gerbéviller où il a souvent manœuvré en tant qu'instructeur militaire, l'adjudant Chèvre va faire édifier une première barricade en bas de la rue de la Vacherie pour interdire l'accès à la route de Moyen par la rue d'Alsace (actuelle rue Gal Leclerc). Cette barricade est réalisée par l'amoncellement de machines agricoles. Puis, il en fait construire une deuxième, épaisse, au milieu du grand pont, où on en entasse fumier et fagots. Ces dispositifs vont lui permettre de tenir tête à une brigade bavaroise en l'empêchant de 9h 30 jusqu'à 18h 30 le 24 août de passer sur la rive gauche de la Mortagne. 
Les chasseurs se replient dans le crépuscule, s’en s’imaginer que les bavarois vont atrocement se venger sur la commune pillée et incendié et ses habitants violentés, fusillés, massacrés. On comptera 70 victimes civiles tuées plus les blessés. Dans Gerbéviller en flamme, les troupes bavaroises défilent, musique en tête. Près de 70 communes lorraines subiront les atrocités de l’ennemi. Le général allemand Von Bernardi écrira même : « qu’une guerre cruelle serait plus courte et plus humaine !» 
Dans l’hospice des sœurs de Saint Charles, Sœur Julie, soignant amis et ennemis, parviendra à empêcher le massacre des soldats français blessés. 
L’action des chasseurs a été primordiale pour permettre aux troupes françaises de se mettre en position de contre attaque pour la journée du 25. Maurice Barrès a d‘ailleurs écrit : "Comme un soldat sur le champ de bataille s'abrite derrière le cadavre d'un camarade tombé, la France le 24 août, s'est abritée derrière le cadavre de Gerbéviller". 

Le 25 août 1914. "En Avant, partout et à fond!"

La tension est vive le 25 août au Q.G de Pont-Saint-Vincent, chacun sait que la journée sera décisive et que chaque décision prise pourra être déterminante pour la suite de la bataille et le décision finale. Tout l’État-major de la 2e Armée, debout avant 4h du matin, se prépare à une dure épreuve. Le Général de Castelnau assiste à la messe à l'église du village, catholique convaincu il sait que sans l'aide de Dieu rien n'est possible. Les reconnaissances aériennes permettent de confirmer le mouvement allemand vers le sud, les ordres de la veille sont donc confirmés et l'attente débute. 

La bataille en effet commençait, brutale, le 8eC.A qui à 5h s'était emparé de Rozelieures, en avait été rejeté à 8h 30, soumis au principal effort de l'ennemi, et reculait en désordre vers le sud. Les bavarois du Gal Gebstattel reçurent l'assaut du Groupement Fayolle et du 20e Corps à l'est de Nancy et le repoussèrent. L'attaque de Hoéville par la 70e D.R échoua avec de terribles pertes pour les français : plus de 4 000 tués blessés et disparus. Le Général Fayolle écrira à propos de cette action : "une catastrophe..., beaucoup trop de monde en ligne..., aucune reconnaissance, aucune préparation par le feu... C'est fou ! ". 
« Une fois encore, les exécutants avaient méconnu les directives de prudence de Castelnau» souligne le général Gras dans son ouvrage. L'esprit d'offensive à outrance avait encore de beaux jours devant lui, au détriment de la vie des soldats. Aucune préparation d'artillerie n'avait permis de préparer l'assaut en écrasant préalablement les positions ennemies. La même erreur terrible se reproduira ailleurs dans cette journée et dans celles qui vont suivre, à la grande colère du chef de la 2e Armée. 

Pour exemple, devant Fraimbois, les pertes françaises dues à notre artillerie, seront supérieures à celles causées par l’ennemi. Les officiers, désobéissant aux consignes de Castelnau, avaient lancé leurs troupes à l’assaut et donné ensuite l’ordre de tir à l’artillerie, le contraire évidemment de ce qu’il aurait fallu faire. Les rapports masqueront ce type « d’erreur », qui se renouvelleront trop souvent pendant le conflit. Mal remis encore des douleurs de son échec de Morhange, la 39e D.I s'empare de Drouville mais ne peut progresser plus avant devant la violence des tirs d'artillerie bavarois. La situation paraît critique à midi, car la gauche de l'armée est tenue en échec, le 8e C.A à sa droite retraite et l'Armée Dubail doit reculer sous la pression de forces très supérieures aux siennes. La soudure des deux armées est menacée. Le général Dubail avertit le G.Q.G que "l'offensive de la 2e Armée pouvait seule rétablir la situation". 
Toutefois, l'artillerie française massée à Borville par Castelnau est entrée en action et inflige aux allemands des pertes conséquentes. Avec toutes leurs forces; les 15e et 16e C.A sont partis à l'attaque et le corps de cavalerie Conneau avec le 2e B.C.P engage trois régiments vers Saint-Boingt, pour bloquer les bavarois débouchant de Rozelieures. 
Le général de Castelnau attend depuis le matin, dans l'école qui lui sert de P.C à Pont-Saint-Vincent, l'instant crucial et favorable qui lui permettra de renverser le cours des choses en sa faveur. Il arpente la cour de récréation dominant la Moselle, les mains derrière le dos dans une attitude familière. De temps à autre, il s'arrête pour prendre en compte un message ou consulter la carte déployée sur une table. 
Enfin, la pression violente et continue de son offensive sur les flancs de la VIe armée bavaroise commence à donner de bons résultats vers 14 heures. L'adversaire montre quelque indécision, surpris par la réaction de troupes qu'il croyait hors d'état de nuire. Pilonné par l'artillerie de Borville il commence un mouvement de retraite et abandonne Saint-Boingt. Ce fléchissement n'échappe pas à Castelnau. Celui-ci jugeant le moment propice lance à 15h l'ordre bref resté fameux "En avant, partout et à fond ! ". 

Sur toute la ligne de front, les Français attaquent fougueusement et bousculent l'adversaire en rompant ses lignes. Afin d'éviter de voir les hommes de Castelnau lui couper la route aux ponts de Blainville et Lamath, le IIe C.A bavarois se replia le plus rapidement possible derrière la Meurthe. Rozelieures repris par le 2e B.C.P, c'est la IIIe D.I.B qui doit refluer alors qu'elle marchait en pointe vers Charmes. Le 8e C.A de Dubail réoccupe le terrain perdu le matin. Enfin, la "Division de Fer", la 11e, tenue jusque là en réserve, passe à l'action et enlève le Léomont et Vitrimont mais ne peut atteindre la route Dieuze - Lunéville. 

A la nuit la bataille est gagnée, l'ennemi est en pleine retraite à l'ouest de la Mortagne. Castelnau qui avait donné des ordres pour exploiter le succès et porter son aile droite sur la Meurthe se rend compte que cela ne sera pas possible. Sur les boulets, les chevaux du Corps de Cavalerie Conneau ne peuvent plus avancer et on doit les laisser se reposer dans la région de Borville. 
Sous une pluie dantesque la marche en avant reprend le lendemain, la lutte reste terrible et la fatigue est totale. Les allemands commencent a creuser des positions avec tranchées et la IIe Armée ne peut franchir la Mortagne. Les troupes qui ont marché depuis huit jours en se battant ont impérativement besoin de repos et il est visible qu'elles ne pourront atteindre la Meurthe. Le général de Castelnau décide donc de les laisser se reposer et se reconstituer le 27. Ce répit permet de déménager le P.C de Pont-Saint-Vincent vers l'usine de Neuves-Maisons où il ne sera plus à l'étroit. 

L'officier de liaison de l’État-major de Castelnau, l'excellent Jacquand, nota que le 20e Corps grogna contre cette ordre mais "défense lui fut faite d'aguicher l'ennemi". Foch est "plein de mordant" et il est « obligé de l'empêcher de progresser ». Foch sera convoqué le lendemain au G.Q.G pour recevoir un nouveau commandement sur le front de la Marne. Le général Fayolle relèvera que le remplaçant de Foch, Balfourier, était « beaucoup moins capitaine Fracasse ».

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Crédit : Archives départementales de Meurthe-et-Moselle 5Fi907

La première grande victoire française est remportée, on n’en parle pourtant pas. Les allemands l’évoqueront en parlant pour eux de « désastre ».  

Résolus à emporter la décision devant Nancy, ils vont tenter une nouvelle offensive. Prévue pour le 1er septembre, elle ne pourra débuter que le 4. 
Du 4 au 12 septembre 1914, alors que des éléments lui ont été retirés pour être envoyés à l’ouest, Castelnau avec comme adjoint le général Léon Durand, commandant le 2e GDR (groupe de réserve) va lutter à 1 contre 4 avec 60% de réservistes, contre la moitié de l’armée impériale. 
Les assauts contre Ste Geneviève, contre Amance, pour le défilé de l’Amezule commandant la route de Nancy, pour s’emparer du Léomont et de bien d’autres positions, seront sanglants pour les allemands et pour les défenseurs. Au soir du 4, Courbesseaux, Réméréville, Champenoux, Maixe, Drouville brûlent. La forêt de Champenoux changera de mains huit fois mais restera française. 
Dans la nuit du 9 au 10, sentant la victoire leur échapper, les allemands avant de se replier bombarde Nancy. Le 12, Lunéville est délivré, le 13, Pont-à-Mousson. 

Commencée quelques heures avant la Bataille de la Marne, la Bataille du Grand-Couronné se termine quelques heures après l‘avoir permise. Le Kronprinz dira à propos de l’échec sur la Marne et évoquant les combats de Lorraine : « la moitié de notre armée engagée ailleurs nous a cruellement manquée ». 
Les pertes sont lourdes des deux côtés alors que les adversaires sont revenus sur leur ligne de départ d’août 14. Les allemands ont juste gagné quelques positions dans la forêt de Parroy. Jusqu’à la fin de la Guerre, les positions ne changeront pratiquement pas. 
Sur les pentes d’Amance, où les 75 ont « débouché à zéro » sur les vagues d’assaut allemandes dopées au schnaps et à l’éther, on relèvera une épaisseur de 2m de cadavres... Les allemands ayant survécu à ces combats, diront après la guerre : « l’enfer ce n’est pas à Verdun, c’est devant Nancy que nous l’avons connu ».

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Guillaume II et son état-Major au Plateau d'Amance
 Crédit photo : Centre Image Lorraine www.imagesde1418.eu

Témoignage d’un homme qui traversa la zone des combats le 13 septembre

“Dans la matinée, je parcours le terrain de la lutte des dernières journées de combat dans la trouée de l’Amezule. C’est un spectacle terrifiant, surtout autour de la Ferme de la Bouzule, des maisons forestières et à la sortie de la Forêt de Champenoux, entre le chemin conduisant de cette localité à Velaine et la lisière Sud de la partie de la forêt au Nord de la route de Château-Salins.  

« Nos lignes de tirailleurs sont nettement marquées par nos morts ; les tranchées, les fossés de la route sont remplis de cadavres enchevêtrés les uns sur les autres, pendant que d'autres sont là, tués dans la position du tireur le doigt sur la détente. Une section entière, le capitaine en tête, est couchée dans le fossé gauche de la route. Des blessés, dont les plaintes arrivent jusqu a nous, gisent encore dans la forêt. La route, les champs sont éventrés par les obus de 105, de 150 et de 210.
Les arbres coupés, hachés par les projectiles, barrent ça et là la route... Tout atteste la violence de la lutte soutenue pendant sept jours consécutifs, du 5 au 12 septembre, nuit et jour, par les 206e, 212e, 286e, 314e et 325e Rgts de réserve, par les deux bataillon du 168e et le bataillon du 169e formant le régiment de marche de Toul et par la 143e Rgt de la brigade Sibille » 

Sur le champ de bataille du Grand-Couronné, on relèvera les effets dévastateurs des tirs du canon de 75 mm. Par endroit, l’épaisseur de cadavres allemands atteint 2m. 
En 1919, en l’église de Bonsecours de Nancy, le général de Castelnau déposera une plaque portant : “ A Notre Dame de Bonsecours Éternelle gratitude Nisi Dominus custodierit civitatem frustra vigilat qui custodit eam”. (Sans l’aide de Dieu, celui qui veille sur la cité veille en vain.) Placée à l’entrée du chœur à droite, cette plaque fait face à celle de la Ville de Nancy reconnaissante à N.D. 

Le 20e CA de recrutement essentiellement Lorrain, avec des Champenois et des parisiens, était notamment composé de la 11e Division d’Infanterie, la « Division de Fer » élite de l’armée française, avec les régiments de la garnison de Nancy : 26e, 37e, 69e et 79e Régiments d’Infanterie. Ce corps sera toujours engagé dans les combats les plus durs. A Verdun, dont la défense est organisée par Castelnau, cela aussi est ignoré, c’est lui un des éléments essentiels de la conservation de la rive droite de la Meuse. Le 25 février 1916, l’assaut allemand est bloquée. Le 26, à 0h, le général Pétain prend le commandement de la « RVF » région fortifiée de Verdun. Il a été nommé par Castelnau, « non pour ses valeurs morales, mais pour ses valeurs militaires » 
Le 15e CA de Marseille était de recrutement provençale. Il a laissé de très mauvais souvenirs chez les vieux lorrains. Engagés sur un terrain qu’il ne connaissaient pas, commandés par des officiers ne parlant pas pour la plupart le provençal, ses soldats ne comprenaient pas mieux le patois lorrain. Les témoignages sont nombreux sur l’attitude défaitiste du corps après Morhange. Cependant, quelques jours plus tard, ces soldats ne déméritèrent pas, loin de là. 
Le 16e CA de Montpellier, placé dans les mêmes conditions que le 15e ne semblent pas porter autant d’accusations. Ces troupes surent aussi montrer leur valeur sur la terre Lorraine. 
Les avions de reconnaissance de la IIe Armée étaient basés sur le plateau de Villers...

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A la 11ème division (Division de fer)
Crédit : Archives départementales de Meurthe-et-Moselle 5Fi907

Aujourd'hui

Plusieurs sites témoignent encore aujourd'hui de la violence des combats. Vestiges, nécropoles, villages détruits...

Bibliographie

  • “Castelnau ou l’Art de commander”, par le Gal GRAS, chez Denoël; 
  • “La Victoire Oubliée: Gerbéviller - Rozelieures Août-Sept 1914”, par le Dr Creusat, Préface du Colonel de Castelnau; édité à compte d’auteur à Lunéville 1986. 
  • “La Lorraine en 1914, La Bataille du Grand-Couronné”, Centre Régionale de Documentation Pédagogique, Nancy. 
  • La Défense du Couronné de la Seille, Ch. ROLIN, Berger-Levrault 1934, préface du Gal de Castelnau. 
  • Mémoire de la Grande Guerre au Pays du Sânon, édité par les Foyers Ruraux « Au Pays du Sânon » 2.500 ex. 1999. 
  • « Massacres en Lorraine » in revue : « Enquête sur l'Histoire » la "Grande Guerre" Guy Pedroncini, de la Sorbonne (Automne 1994).