Au coeur des métiers de l'insertion : paroles d’allocataires du RSA

Meurthe-et-Moselle

Cindy © G. BERGER CD 54

Yvon, Maria, Anthony, Cindy, Nicolas et Catherine sont ou étaient allocataires du revenu de solidarité active (RSA). Comme 25 000 Meurthe-et-Mosellans, ils n’ont de cesse de trouver, retrouver ou conserver leur emploi. Certains, parfois, doivent d’abord se réconcilier avec eux-mêmes. Nous en avons interrogé six d’entre eux. Ils ont accepté de témoigner.

À visage découvert et avec des mots simples qui disent autant de parcours de vies. A leurs côtés, les équipes du conseil départemental, de Pôle emploi, de la CAF et de nombreuses associations qui s’engagent dans le monde de l’insertion.

 

Yvon © N. STRYJAK CD 54

Yvon Bresson,
président du conseil consultatif départemental de l’insertion

« J’étais électricien et je travaillais en intérim au Luxembourg quand j’ai eu des problèmes de santé. Plusieurs opérations. Pour moi, tout s’est arrêté. Je suis devenu allocataire du RSA en 2013. Actuellement, j’essaie de me réorienter, mais changer de métier à mon âge, ce n’est pas facile. Je ne peux plus être électricien. Avant, j’étais éducateur et j’aidais des jeunes à s’insérer dans la vie professionnelle. Un jour, on m’a contacté pour participer au conseil consultatif. Ça m’a intéressé. Je suis allé à des réunions, ici à Longwy et à Nancy. C’est une belle expérience, surtout que nous sommes écoutés. J’aime aider les autres, leur donner des informations, car je me rends compte que plein de gens ne connaissent pas leurs droits. C’est par exemple pour cela qu’on a créé un guide. Ce qui m’importe, aussi, c’est que les gens s’engagent, mais ça, c’est de plus en plus difficile. Il y a trop de stigmatisation et de préjugés. Les gens n’osent plus. Pourtant, on n’est pas ce qu’on dit de nous. Nous ne sommes pas des feignants qui profitons de la société. Chacun est différent, a un parcours qui est le sien.»

 

Maria - (c) G BERGER - CD 54.jpg Maria Rouillon

« Du jour au lendemain, je me suis retrouvée à la rue. J’avais un boulot, agent d’entretien. Lorsque je me suis inscrite pour le RSA, j’ai tout de suite été mise en contact avec une assistante sociale. Elle m’a aidée à retrouver un logement, j’habite maintenant un studio, et j’essaie de retrouver du travail. Mais j’ai 57 ans et on me dit que je suis trop vieille. Je peux faire des ménages, garder des enfants. J’ai été accompagnée pendant six mois, et maintenant, je vais aussi dans l’association ATD-Quart monde. C’est important de continuer à voir des gens. »

 

Anthony - (c) G BERGER - CD 54.jpg Anthony Colombo

« J’ai eu pendant longtemps des problèmes de santé. J’avais un BEP et à 26 ans, j’ai cherché un emploi. J’ai eu la chance d’être accompagné par une assistante sociale de la Maison Départementale des Solidarité de Vandoeuvre-lès-Nancy. Le fait qu’elle m’écoute m’a permis de régler des choses dans ma vie personnelle et de retrouver une formation. Elle avait compris que je ne retrouverai pas un boulot comme ça. Au début, ce n’est pas évident. On a du mal à parler. Mais après, tout est allé très vite. Plus tard, je pense que j’animerai un groupe de parole. Pour montrer à d’autres que la fatalité, ça n’existe pas. »

 

Cindy - (c) G BERGER - CD 54.jpg Cindy Richard

« J’ai longtemps travaillé en usine, en intérim, puis je suis passée au RSA. J’ai eu deux enfants. Après, c’était galère pour trouver des boulots, sans diplôme, c’est compliqué. Avec une entreprise d’insertion de Baccarat, j’ai pu envisager la possibilité de changer de voie. Je suis aujourd’hui agent technique. C’est un métier que j’ai pu découvrir sous forme d’immersion. Ça a été un bon tremplin. Aujourd’hui, je travaille dans un collège, je fais un remplacement. »

 

Nicolas.jpg Nicolas Giuliana

« Plus jeune, par intérim, je prenais tout ce qui venait. J’ai arrêté tôt l’école. J’ai un peu tout fait ! Je me destinais plutôt vers la mécanique ou la pâtisserie, mais à un forum des métiers, j’ai découvert le métier de ripeur. Ça m’a plu. Surtout le fait d’avoir un boulot à l’air libre, même si des fois, avec la météo, c’est dur. J’ai intégré un chantier d’insertion, et aujourd’hui, à 35 ans, j’ai trouvé un CDI. Je travaille dans le secteur de Pompey où je fais le ramassage des poubelles et bientôt je serai sur Tantonville, je m’occuperai de la déchetterie. J’habite près de la colline de Sion. »

 

Cahterine - (c) C.CASANOVA - MASOTTI - CD 54.jpg Catherine Henry

« Avant, j’étais femme de ménage. Et puis j’ai eu de la chance : Keolis recherchait des gens en insertion. C’est comme cela que je suis devenue chauffeur de car pour assurer le transport scolaire dans le secteur de Briey. J’ai passé le permis transports en commun, j’ai tout de suite bien aimé ce métier qui permet de rester au contact des jeunes. Je suis maintenant en CDI. »

 

 

- Publié le 30/10/2017 -