Pierre Houin : portrait d’un champion Meurthe-et-Mosellan

Meurthe-et-Moselle

© CD 54 - G.Berger

A découvrir dans notre prochain magazine et dès à présent sur notre site internet, le portrait d’un champion Olympique Meurthe-et-Mosellan : Pierre Houin.
 
Une date gravée à l’or fin. Nous sommes le vendredi 12 août 2016. A Rio, au Brésil. Il est 10 h 15. Le jeune Meurthe-et-Mosellan Pierre Houin lève les bras au ciel. Avec son compère Jérémy Azou, il décroche le graal olympique. Médaille d’or. Discipline : l’aviron. Catégorie : double poids léger. Un tour de force qui montre une impressionnante capacité à gérer la pression. Surtout pour des premiers Jeux Olympiques !
 
« En fait, nous n’avions pas d’autre alternative sinon on était des tocards. Nous avions le meilleur bateau, champion du monde depuis 2012, on avait tout gagné en 2016. Il fallait qu’on gagne ! » C’est après l’épreuve qu’il a enfin pu profiter des JO. Restant sur place. Heureux de l’être. Rappelant si besoin était les valeurs du sport amateur.
 
La médaille ? Un moment particulier dont il a toujours du mal à parler. « On ressent de la fierté, de l’émotion, peu de mots en fait, on a du mal à réaliser. En fait, tout est gradué. C’est un gros travail mais j’adore ça », confie celui qui est retourné depuis à ses études de commerce international, à l’IUT Charlemagne à Nancy, et qui a accepté d’être le parrain de la traditionnelle cérémonie des vœux aux sportifs organisée par le Département en ce début d’année. 
 
Disponible, souriant, l’athlète toulois ne s’attendait pas « à autant de sollicitations ». S’il se laisse volontiers distraire, il ne relâche pas ses efforts. Surveille son hygiène de vie et bosse à l’entraînement. Tous les jours. Chiffres qui donnent le tournis : l’aviron à haut-niveau, ce sont 30 h d’entraînement par semaine, 160 kilomètres sur l’eau. Sans oublier la musculation. Pierre Houin, déjà, est tourné vers la suite. « Pas le choix » sourit-t-il, manière de faire comprendre qu’on est un compétiteur ou qu’on ne l’est pas. Il l’est. Et que l’humilité, on la promène avec soi en toutes circonstances. « Je considère que je n’ai de leçons à donner à personne. Je fais ce que j’aime faire. Ca reste de l’aviron ».
 
Le gaillard n’a pas la mémoire courte. Il sait la fragilité des choses. De son corps en particulier. Qui le lâche en 2014. Son année noire. Lombalgie. Première blessure. Trajectoire rectiligne qui soudain dévie, se met à l’arrêt, dérive. Un mal pour un bien, finalement. « J’étais en équipe de France depuis 2011 et tout allait bien. J’ai connu cette année-là ma première grosse blessure. A l’entraînement. Ca été une énorme claque. J’avais toujours voulu en faire plus que les autres. J’ai tout remis en question ». Il trouve alors un second mentor en la personne de son coéquipier de l’époque, le Lyonnais Eloi Debourdeau. « Lui avait réussi à tout concilier, il était en septième année de médecine, sportif de haut niveau. Nous avons beaucoup échangé ».
 
Son premier mentor ? Assurément Philippe, son grand frère. Pierre Houin, né en avril 1994 à Toul, voit avec ses yeux de gamins le frangin devenir champion de France. D’aviron bien sûr. Une source d’inspiration, même si au début, Pierre n’en pince pas plus que ça pour ce sport. « Au début, je n’aimais pas trop ça. Le club de Toul organisait des animations à l’école. Ce que j ’ai surtout aimé, c’est l’ambiance, les copains. J’habitais à 300 mètres du club. On s’y retrouvait, on s’amusait ». Le lieu d’apprentissage devient sillon. Il apprend à aimer ramer. Et petit à petit, ce gros travailleur franchit les paliers, toujours au Club de Toul. Régulier. Déterminé. Constamment projeté vers les étapes suivantes. « J’aime ce que l’on ressent sur l’eau, la glisse. L’aviron demande d’être très fort physiquement, endurant, et d’avoir la souplesse, de l’explosivité. On dit qu’il faut avoir la force de l’haltérophile et la souplesse de la danseuse ».
- Publié le 20/01/2017 -