THEO CURIN Le nageur handisport prépare sa traversée du lac Titicaca

Cent-vingt-deux kilomètres à la nage, soit huit à dix jours dans une eau ne dépassant pas les 10°C en raison de l’altitude. La traversée du lac Titicaca entre la Bolivie et le Pérou est le nouveau challenge de l’athlète paralympique lunévillois Théo Curin. Le sportif amputé des quatre membres à l’âge de 6 ans des suites d’une méningite foudroyante se prépare à relever ce défi spectaculaire en novembre prochain. Il le fera en compagnie de ses deux complices, Malia Metella, vice-championne du monde du 100m nage libre et Matthieu Witvoet, un éco-aventurier de l’extrême.

« Je me sens hyper privilégié », confie l’athlète de 20 ans dont la vie a été bouleversée par la rencontre avec Philippe Croizon, nageur handisport célèbre pour sa traversée de la Manche. L’auteur du livre J’ai décidé de vivre a fait découvrir au garçon le plaisir de la natation. A 14 ans, Théo Curin pose ses valises à Vichy, au pôle France handisport de natation. Deux ans plus tard, il se classe 4e sur 200m nage libre aux JO paralympiques de Rio, avant d’enchainer les médailles internationales. En septembre dernier, aux Sables-d’Olonne, il est le premier quadri amputé à terminer un triathlon de 1,9 Km de natation, 90 Km à vélo, 21Km de course à pied !

 

Lunévillois de cœur, parisien d’adoption

La préparation du Défi Titicaca s’accompagne d’un virage personnel pour le jeune homme. Peu attiré par les études, le Lorrain a rempli en juin 2020 le contrat passé avec ses parents, celui de décrocher son bac ! Dans le même temps, le nageur a posé ses valises en région parisienne. « C’est plus simple sur le plan pratique pour répondre aux sollicitations, organiser mon activité de conférencier en entreprise et passer des castings, même s’il y a peu d’opportunités en raison de la crise sanitaire. » Le jeune homme vu dans la série télévisée Vestiaires sur France 2 a par ailleurs resigné un contrat avec les marques Biotherm (L’Oréal) dont il est l’égérie sur les réseaux sociaux.

Son déménagement l’a rapproché des studios de France Télévision où il enregistre ses chroniques dans le Magazine de la santé (France 5). S’il nourrit le rêve de piloter un jour sa propre émission ou de tourner dans un grand film, Théo Curin se concentre à 100% sur son nouveau challenge. Son staff d’une dizaine de personnes ne laisse rien au hasard, depuis le rythme auquel les trois nageurs se relayeront, jusqu’à l’aérodynamisme du canot de 400 Kg qu’ils vont tracter.

Défi né sur un coin de table

Ce projet fou porté par l’association Défis Théo Curin dont le but est d’organiser des événements autour de la sensibilisation au handicap, l’acceptation de la différence, la résilience et la solidarité est né sur un coin de table. « Je ne me satisfaisais pas d’un simple défi sportif », glisse le jeune homme. D’où l’idée d’y ajouter un enjeu supplémentaire de survie.  Embarcation en matériaux recyclés, nourriture stockée en vrac ou encore compensation carbone du voyage en avion, la présence de Matthieu Witvoet a complété le projet par une dimension écologique. La préparation du Défi Titicaca implique toutefois pour Théo de faire une croix sur une participation aux JO de Tokyo 2021. Mais il confie conserver Paris 2024 dans un coin de tête.

Parisien d’adoption, Théo n’en oublie pas son territoire. Il a offert, via le Fondaction L’Equipe, des séances hebdomadaires de natation aux enfants issus des quartiers prioritaires de Lunéville, ville dont il est ambassadeur. « L’innovation technologique a fait des progrès spectaculaires, mais, paradoxalement, de moins en moins de personnes savent nager et le nombre de noyades augmente… » Théo a adoré le contact avec les enfants lors de la première séance, en septembre dernier : « Ils avaient un milliard de questions ! Mais une fois cette étape passée, ils ne voyaient plus mon handicap ».

©G-BERGER.CD54

https://defititicaca.com

https://www.theocurin.fr

 

 

- Publié le 22/01/2021 -