L’offensive Républicaine du Département de Meurthe-et-Moselle

En ouverture de la session publique de l’assemblée départementale, la présidente Chaynesse Khirouni a évoqué les conditions dans lesquelles la collectivité a élaboré son budget, qui sera voté ce jeudi 3 avril. Extraits.

« Il est des séances qui, bien au-delà des chiffres et des ratios, engagent des orientations fondamentales. Fondamentales non seulement pour notre collectivité, mais aussi et surtout pour celles et ceux dont la vie quotidienne dépend de notre action, de cette action publique de proximité que nous incarnons, ici, dans cet hémicycle, et avec nos partenaires dans les territoires, a-t-elle déclaré. Notre époque ne traverse pas une crise parmi d’autres. Elle connaît une recomposition profonde, brutale parfois, du monde dans lequel nous vivons. Un nouvel ordre mondial se dessine marqué par le trumpisme et l’avènement des démocraties illiberales, la montée des populismes. Une idéologie basée sur le repli sur soi, le rejet de l’autre. Le piétinement de nos valeurs ». 

« C’est maintenant que l’Europe doit réagir et retrouver sa boussole. Une Europe qui doit s’affirmer comme une puissance politique à part entière. Qui doit redéfinir son projet. Une Europe de la souveraineté démocratique, sociale et écologique. Une Europe de la Paix qui trace un chemin de progrès, pour l’Europe et pour le monde. Nous croyons en cette Europe. Une Europe des peuples. Une Europe qui rayonne par ses valeurs. Ces mêmes valeurs qui nous inspirent et que nous faisons vivre ici, en Meurthe-et-Moselle dans nos territoires. Parce que c’est là, au plus près des habitantes et des habitants, que se joue le sens même de nos choix politiques, de l’action publique ».

« Le Département, dans cette alliance locale que nous formons avec les communes et les intercommunalités, est un maillon central. Chef de file des solidarités humaines et territoriales, il est d’abord un fédérateur. Et nous entendons renforcer encore ce rôle. Derrière les discours simplificateurs qui remettent en question les fondements de la justice, de l’école, de la recherche, c’est le socle même de l’émancipation républicaine qui est attaqué. La science devient suspecte, le droit un obstacle, l’éducation une cible. Face à cette menace, nos collectivités doivent être des remparts. Remparts de proximité, de cohésion, d’humanité ». 

« Dans cette période, il est un autre risque, immense : celui que la crise écologique soit reléguée, sacrifiée sur l’autel des urgences géopolitiques. Ce serait là une erreur tragique. Car l’urgence climatique n’attend pas pour faire œuvre de destruction. La bifurcation écologique n’est pas un supplément d’âme. Elle est une nécessité autant que la condition de la justice sociale, de la démocratie et de la paix. La crise climatique frappe d’abord les plus vulnérables, les territoires les plus fragiles, les habitantes et habitants les plus précaires. Elle amplifie les inégalités, les déplacements de population, les tensions sociales ».

« Les contraintes budgétaires ne sont pas accessoires. Elles sont injustes, massives. Depuis plusieurs années, les collectivités locales, et singulièrement les Départements, voient leurs marges de manœuvre s’éroder. Leur autonomie budgétaire s’effacer. Mais nous résistons parce que nous avons choisi de ne pas renoncer. Nous avons fait le choix de la résistance et de ne pas sacrifier une politique publique en répartissant les efforts de baisse des dépenses ».

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